Vitamine B1 (Thiamine) : Le Guide Complet 2026
Tout savoir sur la vitamine B1 thiamine : rôles dans le métabolisme énergétique et le système nerveux, carence (béribéri), sources alimentaires et supplémentation.

La vitamine B1, également appelée thiamine, est la première vitamine du complexe B à avoir été découverte (d’où le chiffre 1). Elle joue un rôle absolument essentiel dans le métabolisme énergétique, particulièrement celui des glucides, et dans le fonctionnement du système nerveux. Sa carence provoque le béribéri, une maladie historiquement dévastatrice, et reste aujourd’hui particulièrement fréquente chez les personnes alcooliques.
Pour un aperçu rapide, consultez notre FAQ vitamine B1. Pour comparer les différentes formes de vitamines B, découvrez notre guide du complexe vitamine B.
Qu’est-ce que la Vitamine B1 ?
La vitamine B1 ou thiamine est une vitamine hydrosoluble essentielle, ce qui signifie que le corps ne peut ni la produire ni la stocker en grandes quantités. Elle doit donc être apportée quotidiennement par l’alimentation ou la supplémentation.
Caractéristiques :
- Première vitamine B découverte (1911 par Casimir Funk)
- Vitamine hydrosoluble (soluble dans l’eau)
- Stockage limité (réserves pour 2-3 semaines maximum)
- Éliminée rapidement dans les urines si excès
- Sensible à la chaleur, aux UV et aux pH alcalins
Structure chimique : La thiamine est composée de deux cycles : un cycle pyrimidine et un cycle thiazole reliés par un pont méthylène. Une fois phosphorylée dans l’organisme, elle devient la thiamine pyrophosphate (TPP), sa forme active coenzyme.
Formes de thiamine :
- Thiamine HCl (chlorhydrate) : forme standard des suppléments
- Thiamine mononitrate : forme stable utilisée dans l’enrichissement
- Benfotiamine : forme liposoluble à meilleure biodisponibilité
- Sulbutiamine : forme synthétique traversant mieux la barrière hémato-encéphalique
- Thiamine pyrophosphate (TPP) : forme active coenzyme
Les Rôles de la Vitamine B1 dans l’Organisme
1. Métabolisme Énergétique des Glucides
Le rôle le plus fondamental de la thiamine est son implication essentielle dans le métabolisme des glucides pour la production d’énergie. La forme active TPP est une coenzyme indispensable à plusieurs enzymes clés du métabolisme énergétique.
Décarboxylation oxydative du pyruvate :
Après la glycolyse (dégradation du glucose), le pyruvate produit doit être converti en acétyl-CoA pour entrer dans le cycle de Krebs et produire de l’ATP (énergie cellulaire). Cette réaction critique est catalysée par le complexe de la pyruvate déshydrogénase, qui nécessite absolument la TPP comme coenzyme.
Sans thiamine suffisante, le pyruvate s’accumule et est converti en lactate, provoquant une acidose lactique. Les organes très dépendants des glucides comme le cerveau et le cœur sont particulièrement affectés.
Cycle de Krebs (cycle de l’acide citrique) :
La TPP est également coenzyme de l’α-cétoglutarate déshydrogénase, une enzyme du cycle de Krebs. Ce cycle est la voie centrale de production d’énergie dans les mitochondries, générant les molécules nécessaires à la synthèse d’ATP.
Voie des pentoses phosphates :
La thiamine intervient dans la transcétolase, enzyme clé de la voie des pentoses phosphates qui produit le NADPH (pouvoir réducteur pour biosynthèses) et le ribose-5-phosphate (nécessaire à la synthèse des nucléotides et de l’ADN/ARN).
Conséquences d’une carence :
- Réduction drastique de la production d’ATP
- Accumulation de pyruvate et lactate (acidose lactique)
- Dysfonctionnement des organes à haute demande énergétique
- Fatigue extrême et intolérance à l’effort
Thiamine et glucides
Les besoins en thiamine augmentent proportionnellement à l’apport en glucides. Un régime très riche en glucides raffinés (pauvres en B1) peut paradoxalement aggraver une insuffisance en thiamine.
2. Système Nerveux et Fonction Cognitive
Le système nerveux, particulièrement le cerveau, est extrêmement dépendant du glucose comme source d’énergie. Une carence en thiamine compromet donc sévèrement la fonction neurologique.
Neurotransmission :
La thiamine est essentielle à la synthèse et au métabolisme de plusieurs neurotransmetteurs, notamment l’acétylcholine. Elle intervient dans l’activité de l’acétylcholinestérase et influence la transmission cholinergique, cruciale pour la mémoire, l’apprentissage et le contrôle musculaire.
Myéline et intégrité nerveuse :
La thiamine participe au maintien de la gaine de myéline qui entoure et protège les nerfs. La carence entraîne une démyélinisation et une dégénérescence axonale, particulièrement dans les nerfs périphériques.
Barrière hémato-encéphalique :
Le cerveau a besoin d’un apport constant en thiamine via des transporteurs spécifiques. Une carence altère le fonctionnement de cette barrière protectrice.
Symptômes neurologiques de carence :
- Confusion mentale et désorientation
- Troubles de la mémoire (amnésie antérograde)
- Difficulté de concentration
- Neuropathie périphérique (fourmillements, douleurs)
- Troubles de la coordination et de l’équilibre
- Ophtalmoplégie (paralysie des muscles oculaires)
- Dans les cas sévères : encéphalopathie de Wernicke
3. Fonction Cardiovasculaire
Le cœur, muscle en activité permanente, a des besoins énergétiques extrêmement élevés et dépend fortement du métabolisme glucidique optimisé par la thiamine.
Contractilité cardiaque :
La thiamine est essentielle à la production d’ATP nécessaire à chaque contraction cardiaque. Une carence réduit la force contractile du myocarde, pouvant évoluer vers une insuffisance cardiaque.
Régulation du système nerveux autonome :
La thiamine influence le tonus du système nerveux autonome qui régule la fréquence cardiaque et la pression artérielle.
Béribéri cardiovasculaire (béribéri humide) :
- Insuffisance cardiaque à haut débit
- Œdème généralisé (pieds, jambes, poumons)
- Tachycardie (cœur rapide au repos)
- Essoufflement
- Dilatation cardiaque
- Peut évoluer vers un choc cardiogénique mortel
4. Fonction Musculaire
Les muscles squelettiques, utilisant les glucides comme carburant principal durant l’effort, dépendent de la thiamine pour leur métabolisme énergétique.
Production d’énergie musculaire :
Durant l’exercice physique, particulièrement intense, les muscles dégradent massivement le glucose en pyruvate. La conversion efficace du pyruvate en énergie nécessite la thiamine.
Symptômes musculaires de carence :
- Faiblesse musculaire généralisée
- Crampes
- Douleurs musculaires
- Atrophie musculaire (cas prolongés)
- Intolérance à l’effort physique
- Fatigue précoce durant l’exercice
5. Système Digestif
Le système gastro-intestinal nécessite une innervation et un péristaltisme (contractions) optimaux, tous deux dépendants de la thiamine.
Motilité digestive :
La thiamine influence le système nerveux entérique qui contrôle les mouvements intestinaux. Une carence peut ralentir le transit.
Symptômes digestifs :
- Perte d’appétit (anorexie)
- Nausées et vomissements
- Constipation
- Douleurs abdominales
- Perte de poids
La Carence en Vitamine B1 : Béribéri et Syndromes
Prévalence et Populations à Risque
Bien que rare dans les pays développés grâce à l’enrichissement des farines et à une alimentation diversifiée, la carence en thiamine existe encore dans des populations spécifiques.
Statistiques :
- Rare dans la population générale des pays développés (< 1%)
- 30-80% des personnes alcooliques chroniques
- 20-50% des patients hospitalisés dénutris
- Fréquente dans certaines régions d’Asie (régime à base de riz blanc poli)
- Augmentation chez les personnes âgées institutionnalisées
Facteurs de risque majeurs :
Alcoolisme chronique : C’est de loin la cause la plus fréquente de carence sévère en thiamine dans les pays développés. L’alcool interfère avec l’absorption intestinale de la thiamine (réduit de 50%), augmente son excrétion urinaire, perturbe sa conversion en forme active (TPP) et réduit son stockage hépatique. De plus, les alcooliques ont souvent une alimentation déséquilibrée pauvre en thiamine. Le risque de développer une encéphalopathie de Wernicke ou un syndrome de Korsakoff est très élevé.
Alimentation déséquilibrée :
- Régime à base de riz blanc poli (thiamine concentrée dans l’enveloppe du grain)
- Régime très riche en glucides raffinés sans enrichissement
- Alimentation monotone pauvre en variété
- Régimes restrictifs extrêmes
- Consommation excessive de poisson cru contenant thiaminase (enzyme détruisant la B1)
Besoins accrus :
- Grossesse et allaitement
- Fièvre prolongée et infections
- Hyperthyroïdie (métabolisme accéléré)
- Exercice physique intense régulier
- Dialyse rénale (perte de thiamine)
Malabsorption :
- Maladie de Crohn et maladies inflammatoires intestinales
- Chirurgie bariatrique (bypass gastrique)
- Maladie cœliaque
- Diarrhées chroniques
- Vomissements prolongés (hyperemesis gravidarum)
Diurétiques : Les diurétiques de l’anse (furosémide, bumétanide) augmentent l’excrétion urinaire de thiamine. Les patients sous diurétiques au long cours, particulièrement âgés ou avec insuffisance cardiaque, présentent un risque accru.
Le Béribéri : Maladie de Carence Classique
Le béribéri est la maladie causée par une carence sévère et prolongée en thiamine. Le terme vient du cinghalais signifiant “je ne peux pas, je ne peux pas”, décrivant l’extrême faiblesse des malades.
Historique :
Le béribéri a été une maladie dévastatrice en Asie du Sud-Est à la fin du XIXe et début du XXe siècle, affectant des millions de personnes dont l’alimentation reposait sur le riz blanc poli (débarrassé de son enveloppe riche en thiamine). En 1911, Casimir Funk isola le facteur protecteur de l’enveloppe du riz et le nomma “vitamine” (amine vitale), marquant la naissance du concept de vitamine.
Deux formes principales :
Béribéri sec (forme neurologique) :
Affecte principalement le système nerveux périphérique, caractérisé par une neuropathie progressive ascendante.
Symptômes :
- Fourmillements et engourdissements débutant aux pieds
- Douleurs brûlantes des membres inférieurs
- Faiblesse musculaire progressive (pieds → jambes → cuisses → bras)
- Perte des réflexes tendineux
- Atrophie musculaire
- Troubles de la marche (steppage)
- Paralysie dans les cas avancés
Béribéri humide (forme cardiovasculaire) :
Affecte principalement le système cardiovasculaire, avec insuffisance cardiaque à haut débit et œdème massif.
Symptômes :
- Essoufflement (dyspnée) au repos et à l’effort
- Tachycardie (fréquence cardiaque > 100 bpm au repos)
- Œdème des membres inférieurs (pieds, chevilles, jambes)
- Œdème généralisé (anasarque)
- Dilatation cardiaque visible à la radio
- Épanchement pleural (liquide autour des poumons)
- Insuffisance cardiaque congestive
- Risque de mort subite
Béribéri infantile :
Survient chez les nourrissons allaités par des mères carencées en thiamine, apparaissant généralement entre 2-5 mois.
Symptômes :
- Cri faible ou aphonie (perte de voix)
- Vomissements
- Convulsions
- Insuffisance cardiaque aiguë
- Cyanose (coloration bleutée)
- Mortalité élevée sans traitement urgent
Encéphalopathie de Wernicke et Syndrome de Korsakoff
Ces deux syndromes neurologiques graves sont causés par une carence sévère en thiamine, principalement chez les alcooliques chroniques, mais peuvent survenir dans toute situation de carence aiguë.
Encéphalopathie de Wernicke :
Urgence médicale neurologique aiguë caractérisée par la triade classique (présente dans seulement 10-20% des cas) :
- Confusion mentale : désorientation, apathie, troubles de l’attention
- Ataxie : troubles de l’équilibre et de la coordination (marche ébrieuse)
- Ophtalmoplégie : paralysie des muscles oculaires (nystagmus, diplopie)
Autres symptômes :
- Troubles de la conscience (somnolence → coma)
- Hypothermie et hypotension
- Anomalies pupillaires
- Troubles de la mémoire
Pathophysiologie :
Lésions hémorragiques et nécrotiques dans les régions périventriculaires du cerveau, particulièrement les corps mamillaires, le thalamus et le tronc cérébral. Ces lésions sont visibles à l’IRM.
Traitement :
Urgence absolue nécessitant une administration immédiate de thiamine IV à haute dose (500 mg 3x/jour pendant 3-5 jours) avant toute administration de glucose (qui aggraverait les lésions). Sans traitement, mortalité de 10-20% et séquelles permanentes fréquentes.
Syndrome de Korsakoff (psychose de Korsakoff) :
Séquelles chroniques et souvent irréversibles de l’encéphalopathie de Wernicke non ou mal traitée, constituant ensemble le syndrome de Wernicke-Korsakoff.
Symptômes caractéristiques :
- Amnésie antérograde sévère : incapacité à former de nouveaux souvenirs
- Amnésie rétrograde : perte des souvenirs anciens (gradient temporel)
- Confabulation : création de faux souvenirs pour combler les lacunes mnésiques
- Apathie et manque d’initiative
- Désorientation temporelle
- Déni de la maladie (anosognosie)
Pronostic :
Seulement 20% de récupération complète malgré le traitement. 25% de récupération partielle. 55% de séquelles permanentes nécessitant soins institutionnels. Les lésions des corps mamillaires et du thalamus sont souvent irréversibles.
Urgence médicale
L’encéphalopathie de Wernicke est une urgence médicale absolue. Devant toute confusion chez un alcoolique ou une personne dénutrie, administrer immédiatement de la thiamine IV avant tout glucose. Les séquelles peuvent être irréversibles.
Symptômes Précoces de Carence
Avant d’évoluer vers le béribéri ou les syndromes neurologiques sévères, une carence modérée en thiamine provoque des symptômes non spécifiques souvent négligés.
Symptômes généraux :
- Fatigue inhabituelle et persistante
- Irritabilité et changements d’humeur
- Troubles du sommeil
- Perte d’appétit
- Perte de poids involontaire
- Maux de tête
Symptômes neurologiques légers :
- Difficultés de concentration
- Troubles de la mémoire à court terme
- Fourmillements légers des extrémités
- Sensibilité réduite au toucher
Symptômes cardiovasculaires légers :
- Essoufflement à l’effort plus marqué qu’habituellement
- Palpitations occasionnelles
- Œdème léger des chevilles en fin de journée
Symptômes digestifs :
- Nausées légères
- Constipation
- Inconfort abdominal
Les Sources de Vitamine B1
Sources Alimentaires
La thiamine est présente dans de nombreux aliments, particulièrement dans les céréales complètes, la viande de porc, les légumineuses et les noix. Cependant, le raffinage des céréales élimine la majeure partie de la thiamine.
Viandes et Poissons :
| Aliment | Teneur (mg/100g) | % AJR* |
|---|---|---|
| Porc (longe, côtelette) | 0,8-1,0 | 65-83% |
| Jambon cuit | 0,6-0,8 | 50-65% |
| Foie de porc | 0,3-0,5 | 25-42% |
| Saumon | 0,2-0,3 | 17-25% |
| Thon | 0,2-0,4 | 17-33% |
| Truite | 0,3-0,4 | 25-33% |
Céréales et Grains :
| Aliment | Teneur (mg/100g) | % AJR* |
|---|---|---|
| Levure alimentaire enrichie | 10-40 | 830-3300% |
| Germe de blé | 1,5-2,0 | 125-167% |
| Graines de tournesol | 1,5 | 125% |
| Flocons d’avoine | 0,5-0,7 | 42-58% |
| Pain complet | 0,2-0,3 | 17-25% |
| Riz complet cuit | 0,1-0,2 | 8-17% |
| Riz blanc cuit | 0,02-0,05 | 2-4% |
Légumineuses :
| Aliment | Teneur (mg/100g cuits) | % AJR* |
|---|---|---|
| Haricots blancs | 0,2-0,3 | 17-25% |
| Lentilles | 0,2-0,3 | 17-25% |
| Pois chiches | 0,1-0,2 | 8-17% |
| Haricots noirs | 0,2-0,3 | 17-25% |
Noix et Graines :
| Aliment | Teneur (mg/100g) | % AJR* |
|---|---|---|
| Graines de lin | 1,6 | 133% |
| Pistaches | 1,0 | 83% |
| Noix de macadamia | 0,7 | 58% |
| Noix de cajou | 0,4 | 33% |
| Amandes | 0,2 | 17% |
Légumes :
| Aliment | Teneur (mg/100g) | % AJR* |
|---|---|---|
| Petits pois frais | 0,3-0,4 | 25-33% |
| Asperges | 0,1-0,2 | 8-17% |
| Épinards | 0,1 | 8% |
| Chou-fleur | 0,05-0,1 | 4-8% |
*AJR : Apport Journalier Recommandé de 1,2 mg pour adultes
Raffinage des céréales
Le raffinage du riz et des céréales élimine 75-90% de la thiamine. Le riz blanc poli contient 10 fois moins de B1 que le riz complet. C’est pourquoi de nombreux pays enrichissent les farines en thiamine.
Impact de la Cuisson et du Stockage
La thiamine est une vitamine relativement fragile, sensible à plusieurs facteurs.
Sensibilité à la chaleur :
La cuisson à haute température détruit progressivement la thiamine :
- Ébullition : perte de 30-50% (thiamine hydrosoluble dissout dans l’eau)
- Vapeur : perte de 15-30%
- Cuisson au four : perte de 20-40%
- Friture : perte de 30-50%
- Micro-ondes : perte de 15-30% (cuisson courte)
Conseils de préservation :
- Privilégier la cuisson vapeur
- Cuire al dente (cuisson courte)
- Récupérer l’eau de cuisson pour bouillons
- Éviter de maintenir au chaud longtemps
Sensibilité au pH :
La thiamine est stable en milieu acide mais détruite en milieu alcalin :
- Ajout de bicarbonate de soude (alcalin) détruit la B1
- Cuisson avec citron ou vinaigre préserve mieux la B1
Sensibilité aux UV :
La lumière ultraviolette dégrade la thiamine. Stocker les aliments à l’abri de la lumière directe.
Thiaminase :
Certains aliments contiennent une enzyme (thiaminase) qui détruit la thiamine :
- Poisson cru (sushi, sashimi) : consommation excessive peut induire carence
- Crustacés crus
- Certains légumes crus (fougères)
- L’enzyme est inactivée par la cuisson
Sulfites :
Les sulfites utilisés comme conservateurs (vins, fruits secs, viandes transformées) détruisent la thiamine.
Aliments Enrichis
De nombreux pays enrichissent obligatoirement les farines et céréales en thiamine pour prévenir les carences.
Aliments enrichis courants :
- Farines de blé enrichies
- Riz blanc enrichi
- Céréales de petit-déjeuner
- Pains et pâtes
- Certains laits végétaux
Niveaux d’enrichissement :
- USA : 0,44-0,7 mg de thiamine par 100g de farine
- Europe : variable selon pays (pas obligatoire dans tous)
L’enrichissement a dramatiquement réduit l’incidence du béribéri dans les pays l’ayant adopté.
La Supplémentation
La supplémentation est recommandée pour certaines populations à risque ou dans des situations spécifiques.
Formes disponibles :
Thiamine HCl (chlorhydrate) :
- Forme standard la plus courante
- Biodisponibilité modérée
- Économique
- Efficace pour prévention et traitement
Thiamine mononitrate :
- Forme stable utilisée dans enrichissement
- Similaire à la thiamine HCl
Benfotiamine :
- Forme liposoluble à meilleure biodisponibilité
- Atteint des concentrations tissulaires 5 fois supérieures
- Utilisée pour neuropathie diabétique
- Plus chère
Sulbutiamine :
- Forme synthétique lipophile
- Traverse mieux la barrière hémato-encéphalique
- Utilisée pour fatigue et cognition
- Disponible en pharmacie
Thiamine pyrophosphate (TPP) :
- Forme active coenzyme
- Absorption directe sans conversion
- Rare en supplément, principalement injectable
Dosage : Combien de Vitamine B1 Prendre ?
Besoins Quotidiens
Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) :
| Population | ANC (mg/jour) |
|---|---|
| Hommes adultes | 1,2 |
| Femmes adultes | 1,1 |
| Femmes enceintes | 1,4 |
| Femmes allaitantes | 1,5 |
| Enfants 1-3 ans | 0,5 |
| Enfants 4-8 ans | 0,6 |
| Enfants 9-13 ans | 0,9 |
| Adolescents 14-18 ans | 1,0-1,2 |
| Personnes âgées | 1,2 (potentiellement plus) |
Les besoins en thiamine sont proportionnels à l’apport calorique :
- Environ 0,5 mg de B1 pour 1000 kcal
- Un régime à 2000 kcal nécessite environ 1 mg
- Un régime à 3000 kcal (sportif) nécessite 1,5 mg
Dosage de Supplémentation
Prévention (personnes à risque) :
- Dose quotidienne : 10-25 mg
- Largement supérieure aux ANC car absorption limitée
- Inclus généralement dans complexes de vitamines B
Sportifs et actifs :
- Dose quotidienne : 25-50 mg
- Besoins accrus par métabolisme énergétique élevé
- Particulièrement si alimentation riche en glucides
Alcooliques en sevrage ou à risque :
- Dose quotidienne : 50-100 mg
- Nécessaire pour compenser malabsorption et pertes
- Souvent associé à magnésium et autres vitamines B
Correction de carence modérée :
- Dose quotidienne : 50-100 mg pendant 1-2 mois
- Puis dose d’entretien 10-25 mg
Traitement du béribéri :
- Thiamine IV ou IM : 50-100 mg 1-3 fois/jour
- Puis 10-50 mg/jour oral
- Amélioration rapide en 24-48h si cardiovasculaire
- Récupération neurologique plus lente (semaines-mois)
Encéphalopathie de Wernicke (urgence) :
- Thiamine IV : 500 mg 3 fois/jour pendant 3-5 jours
- Puis 250 mg/jour pendant 5 jours
- Puis 100 mg/jour oral jusqu’à récupération
- Administrer AVANT toute perfusion de glucose
Sécurité et Toxicité
La thiamine est exceptionnellement sûre car elle est hydrosoluble et rapidement éliminée dans les urines.
Toxicité :
- Aucun cas de toxicité par voie orale documenté
- Pas de limite supérieure de sécurité établie
- Des doses de 500 mg/jour et plus sont utilisées sans effets indésirables
Effets secondaires rares (principalement injections) :
- Réactions allergiques (très rare)
- Démangeaisons
- Nausées légères (hautes doses orales)
- Céphalées (rare)
Interactions médicamenteuses :
- Diurétiques de l’anse : augmentent l’excrétion de thiamine
- Méthotrexate : peut réduire absorption
- Alcool : réduit absorption et augmente excrétion
Quand et Comment Prendre la Vitamine B1 ?
Timing :
- Moment : indifférent (matin, midi, soir)
- Avec nourriture : légèrement mieux absorbée
- Régularité : plus important que le timing
Fréquence :
- Quotidienne : recommandée (stockage limité)
- Prendre tous les jours plutôt que doses massives espacées
Associations bénéfiques :
- Complexe de vitamines B : synergie métabolique
- Magnésium : cofacteur de la conversion en TPP
- Particulièrement important chez alcooliques
Vitamine B1 et Populations Spécifiques
Personnes Alcooliques
L’alcoolisme chronique est la cause principale de carence sévère en thiamine dans les pays développés.
Mécanismes de carence :
- Absorption intestinale réduite de 50%
- Conversion en TPP altérée
- Stockage hépatique perturbé
- Excrétion urinaire augmentée
- Alimentation déséquilibrée
Prévention :
- Supplémentation systématique : 50-100 mg/jour
- Associer magnésium (100-300 mg)
- Complexe B complet
Traitement si sevrage :
- Thiamine IV 100-250 mg/jour pendant hospitalisation
- Puis oral 50-100 mg/jour à long terme
Sportifs
Les athlètes ont des besoins accrus en thiamine proportionnels à leur dépense énergétique.
Raisons :
- Métabolisme énergétique très élevé
- Apport calorique élevé (particulièrement glucides)
- Pertes sudorales augmentées
- Stress oxydatif accru
Recommandations :
- 25-50 mg/jour selon intensité
- Alimentation riche en céréales complètes
- Inclure dans stack pré-entraînement
Bénéfices :
- Optimisation de la production d’énergie
- Réduction de la fatigue
- Meilleure récupération
Femmes Enceintes et Allaitantes
Les besoins augmentent durant la grossesse et l’allaitement.
Besoins :
- Grossesse : 1,4 mg/jour
- Allaitement : 1,5 mg/jour
Importance :
- Développement neurologique du fœtus
- Production de lait maternel
- Métabolisme énergétique augmenté
Supplémentation :
- Généralement incluse dans multivitamines prénatales
- 10-25 mg/jour suffisant
Béribéri infantile : Peut survenir chez nourrissons allaités par mères carencées. Prévention par statut maternel optimal.
Personnes Âgées
Les seniors présentent un risque accru de carence multifactorielle.
Facteurs de risque :
- Absorption réduite
- Alimentation monotone
- Médications multiples (diurétiques)
- Isolement social
- Problèmes de mastication
Recommandations :
- Évaluation nutritionnelle régulière
- Supplémentation préventive : 10-25 mg/jour
- Attention si diurétiques : 25-50 mg/jour
Diabétiques
La neuropathie diabétique pourrait bénéficier de la supplémentation en benfotiamine.
Mécanismes :
- Excrétion urinaire augmentée chez diabétiques
- Benfotiamine (forme lipophile) mieux absorbée
- Effet protecteur sur nerfs périphériques
Dosage étudié :
- Benfotiamine : 300-600 mg/jour
- Amélioration de la neuropathie dans certaines études
- Toujours en complément du contrôle glycémique
Conclusion
La vitamine B1 (thiamine) est une vitamine essentielle au métabolisme énergétique, particulièrement celui des glucides, et au fonctionnement du système nerveux. Sa carence provoque le béribéri et, chez les alcooliques, l’encéphalopathie de Wernicke potentiellement fatale.
Points clés :
- Essentielle au métabolisme des glucides et production d’ATP
- Stockage limité (2-3 semaines) : apport quotidien nécessaire
- Carence fréquente chez alcooliques (30-80%)
- Sources : porc, céréales complètes, légumineuses, noix
- Détruite par raffinage (riz blanc vs riz complet)
- Sensible à la chaleur et au pH alcalin
- Supplémentation : 10-100 mg/jour selon profil
- Exceptionnellement sûre : aucune toxicité connue
- Urgence médicale : encéphalopathie de Wernicke nécessite thiamine IV immédiate
La vitamine B1 est l’une des vitamines B les plus importantes, particulièrement pour les personnes alcooliques, les sportifs et ceux consommant beaucoup de glucides raffinés. Une alimentation variée avec céréales complètes couvre généralement les besoins, mais une supplémentation préventive reste bénéfique pour les populations à risque.
FAQ Rapide
Quels sont les symptômes de carence en B1 ? Fatigue, irritabilité, perte d’appétit, fourmillements des extrémités, troubles de mémoire. Carence sévère : béribéri (faiblesse musculaire, œdème, insuffisance cardiaque) ou encéphalopathie de Wernicke (confusion, ataxie, troubles oculaires).
Où trouver la vitamine B1 ? Porc, graines de tournesol, germe de blé, levure alimentaire enrichie, céréales complètes, légumineuses, noix. Le raffinage des céréales élimine 75-90% de la B1.
La cuisson détruit-elle la B1 ? Oui, partiellement (30-50% selon méthode). Privilégier vapeur, cuisson courte. La B1 est également détruite en milieu alcalin et par les sulfites.
Peut-on avoir trop de vitamine B1 ? Non, aucune toxicité connue par voie orale. Hydrosoluble, l’excès est éliminé dans les urines.
Pour plus de questions, consultez notre FAQ vitamine B1.
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Sources Scientifiques
- National Institutes of Health - Thiamin Fact Sheet
- Études cliniques sur PubMed
- ANSES - Recommandations vitamine B1

